jeudi 23 octobre 2008

Tanger

Tanger (en arabe طنچة Tandja), est une ville du nord du Maroc

Histoire

Si l'on se fie à la mythologie grecque, la ville de Tanger aurait été fondée par le géant Antée, fils de Poséidon et de Gaia et devrait son nom à Tingo (ou Tinga !), femme du fondateur. Antée trouvait sa force au contact de la terre, Hercule l'étouffa en le maintenant en l'air. Le tombeau d'Antée serait une colline proche de Tanger, le Charf. Sa position géographique exceptionnelle, et stratégique, a fait pendant longtemps de Tanger un lieu de convoitise où se sont succédées plusieurs civilisations et cultures.

Après une présence phénicienne, dont il subsiste deux petites nécropoles, la ville fut réellement fondée au IVe siècle avant J.C., par les Carthaginois qui en firent un comptoir (Tingi). En 146 avant J.C., à la chute de Carthage, la ville est rattachée à la Maurétanie et devient une colonie romaine (Tingis) liée à la province d'Espagne. Tanger prend une telle importance, qu'elle devient, vers le IIIe siècle, la capitale de la Maurétanie Tingitane. Au Ve siècle, Tanger est occupée par les Vandales. Libérée sous le règne de Justinien, au début du VIe siècle, elle est rattachée à l'empire byzantin.

Le général omeyyade Moussa Ibn Noussaïr s'intéresse à Tanger pour sa position stratégique et c'est de là qu'en 711, commencera la conquête de l'Espagne par les troupes de Tarik Ibn Ziad, à qui Gibraltar, entre autres, doit son nom (Djebel Tarik la montagne de Tarik). Pendant les cinq siècles qui suivent, les dynasties du Maroc, les Arabes d'Egypte, de Tunisie et d'Espagne se disputent la souveraineté de Tanger. Les Idrissides, maîtres de Volubilis, les Omeyyades d'Espagne, s'affrontent à son sujet pendant plus d'un siècle. Au milieu du Xe siècle, les Fatimides de Tunisie y étendent leur autorité. En 1075, les Almoravides en deviennent maîtres jusqu'en 1149 date à laquelle la ville passe aux Almohades. Elle s'inféode aux Hafsides de Tunis avant de devenir mérinide en 1274.

Après trois tentatives et trois échecs, les Portugais s'en emparent en 1471 et l'occupent pendant un siècle après lequel les Espagnols s'en emparent, pour la perdre aussitôt au profit du Portugal, avant d'être cédée à l'Angleterre en 1661 comme dot apportée par Catherine de Bragance à son époux Charles II d'Angleterre. Dès 1679 Moulay Ismaïl (Empire Cherifien Alaouites) entreprend le siège de Tanger qui lui est abandonnée en 1684, sur décision de Charles II estimant son occupation par les troupes anglaises inutile et beaucoup trop coûteuse.

A la suite de l'aide apportée par le sultan Abderrahman à l'émir algérien Abd El-Kader, les Français lancent sur Tanger un raid de représailles dirigé par le prince de Joinville qui bombarde la ville en 1844 et démantèle les fortifications.

Les rivalités européennes pour le contrôle de la ville, porte entrouverte sur le Maroc, démarrent en cette fin de XIXe siècle. La France, l'Espagne, le Royaume-Uni, l'Allemagne multiplient les missions diplomatiques et commerciales pour placer leurs pions mettant la ville au centre des rivalités internationales. En 1880, la convention de Madrid tente de définir les relations entre les grandes puissances au sujet du Maroc. Poussé par le chancelier Bulow qui entend rappeler de façon, sensationnelle, que l'Allemagne ne se laissera pas mettre à l'écart et que la France ne peut modifier l'état politique du Maroc sans l'autorisation d'une nouvelle Conférence internationale, Guillaume Il débarque le 31 mars 1905 du Yacht impérial Hohenzollern à Tanger pour quelques heures et dénonce, après un entretien avec l'oncle du sultan, les visées françaises et espagnoles sur le Maroc, ce qui provoque une crise diplomatique. En 1906, la conférence d'Algésiras redéfinit les positions de chacun en Afrique reconnaissant l'indépendance du sultan et affirmant l'égalité des signataires dans le domaine économique. En 1923 les négociations aboutirent à en faire une zone internationale. Le 24 juillet 1925, le statut définitif de Tanger est signé par le Royaume-Uni, l'Espagne, la Belgique, la Hollande, les États-Unis, Portugal, l’Union Soviétique et la France, auxquels se joindra l’Italie un peu plus tard.

La ville possède désormais son autonomie financière. On la dote d'une administration internationale, en particulier d'une assemblée législative, composée de trente fonctionnaires internationaux désignés par leurs consuls respectifs et de neuf Marocains.

En juin 1940, après la défaite française, les troupes nationalistes espagnoles occupent Tanger et permettent, en mars 1941, l'installation du consulat allemand à la mendoubia (résidence du Mendoub) où flotte le drapeau nazi. En mars 1944, l'Espagne fait partir le consulat allemand de la mendoubia avant de retirer, le 9 octobre 1945, ses troupes de Tanger qui retrouvera son statut international.

Le 10 avril 1947, le sultan Mohammed V, accompagné du prince héritier Moulay Hassan (futur Hassan II), prononce à Tanger le premier discours qui fait référence à un Maroc unifié et indépendant rattaché à la nation arabe. En 1956, avec l'indépendance du Maroc, la conférence de Fedala (8 au 29 octobre) rend Tanger au Maroc. Une charte royale maintient la liberté de change et de commerce jusqu’en 1960, année où le gouvernement marocain abolit les avantages fiscaux et Tanger se retrouve avec un statut identique à celui des autres villes du royaume. Afin d'éviter une fuite importante des capitaux, Le port de Tanger est doté d'une zone franche.

Tanger est adossée aux contreforts du Rif et se situe dans l'une des nombreuses baies du détroit de Gibraltar tout au nord de l'Afrique, face à la pointe de l'Europe, elle est au croisement de l'Océan Atlantique et de la Mer Méditerranée, dans une baie, entre le Cap Spartel et le Cap Malabata.

Station balnéaire très réputée, et cinquième grande ville du Maroc après Casablanca, Rabat, Fès, Marrakech et Meknes la population de Tanger approche 650 000 d'habitants.

Médina

La wilaya de Tanger s'étend sur une superficie de 1195 km², dont 863,3 km² pour la préfecture de Tanger-Asilah et 331,70 km² pour la préfecture de Fahs-Beni Makada, créée en avril 1997.

Économie

Deuxième centre industriel du pays après Casablanca, l'industrie est diversifiée : industries textiles, chimiques, mécaniques, métallurgiques et navales. La ville dispose actuellement de quatre zones industrielles dont deux ont un statut de zone franche (la Tanger FreeZone et la Zone franche portuaire). L’infrastructure de la ville du détroit est importante : un port gérant les flux de marchandises et de voyageurs (plus d’un million de voyageurs par an) intégrant un port de plaisance et un port de pêche.

Gare ferroviaire

Le chemin de fer relie la ville avec Rabat, Casablanca et Marrakech au sud ainsi qu’avec Fès et Oujda à l’est. L’autoroute est opérationnelle depuis l’été 2005 et relie Tanger à Fès via Rabat (250 Km) et Settat via Casablanca (330 Km). L’aéroport international IBN BATTOUTA est à 15 km au sud-ouest du centre de la ville.

Station balnéaire importante, Tanger dispose d’infrastructures hôtelières et touristiques variées, une baie délimitant le centre ville par le coté est et s’étend sur plus de 7 km, et d’une médina (ville ancienne) où se développe un commerce artisanal (maroquinerie, articles en bois et en argent, vêtements traditionnels et chaussures…).

La ville de Tanger est en passe de devenir une plaque tournante du trafic maritime commercial avec la construction du port Tanger Med qui a pour vocation de faciliter le commerce maritime. La ville connaît un exode galopant d’autres villes et régions du Maroc, ce qui a quadruplé sa population en deux décennies (1 million d’habitants aujourd’hui contre 250 000 en 1982) et permet l’apparition de quartiers semi périphériques pauvres au sud de la ville où l’infrastructure est absente.

Les années 2007-2008 seront particulières pour la ville du détroit à cause de l’achèvement des grands projets en construction, en l’occurence le deuxième port Tanger-Méditerranée et ses zones industrielles, un stade de 45 000 places, un centre d’affaires, des installations touristiques, l’aménagement du centre ville ainsi que la construction de nouvelles lignes autoroutières et ferroviaires.

L’agriculture dans la région de Tanger est tertiaire et principalement céréalière.

Les petits taxis sont bleus avec une barre jaune

Rabat

Plus calme que Casablanca, Rabat est une cité agréable et aérée,ouverte sur l'océan. Derrière les remparts de la nécropole de Chellah, le caquètement de milliers d'oiseaux remplace le vrombissement des moteurs. Dans les ruelles fleuries de la kasba de Oudaïa, l'agitation citadine semble tout aussi lointaine.
La capitale du royaume, dépourvue de la moindre activité industrielle, n'est que la seconde ville du pays. Rabat possède cependant tous les attributs d'une capitale, du moins aux abords et le long de l'avenue Mohammed-V. Elle doit à Lyautey d'avoir été choisie comme centre administratif du pays, ce que rappelle la répartition des ministères au voisinage de l'ambassade de France. C'est en souvenir de cette période faste que le tombeau de Mohammed V, père de Hassan II et rénovateur de la souveraineté nationale, a été élevé symboliquement à côté de la tour Hassan, sur les ruines de la mosquée de ce lointain prédécesseur.
La visite de Rabat sera complétée par celle de son ancienne rivale. Salé, séparée seulement par l'estuaire du Bou Regreg aujourd'hui administrativement intégrée à la capitale.

Découvrir Rabat

Les promenades

1 - La médina. Cette très courte promenade mène à travers les quartiers commerçants où se trouvent la plupart des bazars. Elle permet surtout de rejoindre la kasba des Oudaïa.
2 - La kasba des Oudaïa et le musée des Oudaïa On se promène avec plaisir dans le jardin andalou et les ruelles fleuries de cette ville préservée. On s'attarde à son café maure pour goûter la vue sur l'oued Bou Regreg et Salé avant de visiter le musée.
3 - La tour Hassan et le mausolée de Mohammed V. Ce site mérite le détour pour le minaret de cette mosquée, élevée au XIIe s. et pour le tombeau du p d'Hassan II.
4 - La nécropole de Chellah. Elle forme l'un des sites les plus romantiques du Maroc. Dans ses jardins sauvages, le regard brasse la vallée de l'oued. Les cigognes claquettent sur les tours de nécropole et s' élancent au-dessus de l'antique Sala dont les ruines sont toujours fouillées.
5 - Le palais royal, le musée archéologique et la ville nouvelle. On passera devant le palais royal avant de se rendre au musée. archéologique. Promenade enfin sur la commerçante avenue Mohammed V .

Rabat à la carte.


L'art marocain. Le musée: Oudaïa réunit un bel ensemble de costumes, bijoux, tapis,etc. , ancien et contemporains.
L'architecture almohade. La porte oudaia , Bab er Raouah et la tour Hassan en sont de superbes spécimens
Les souvenirs de l'Antiquité. Les vestiges romains de Chellah n'ont pas le pouvoir évocateur des ruines de Lixus et Volubilis
mais le musée archéologique abrite une remarquable collection de bronzes.
Les fleurs et les jardins. Si un concours était organisé au Maroc, Rabat recevrait le premier prix des fleuries. Les larges avenues qui traverse. la ville moderne, les petits jardin qui entourent les villas des quartiers résidentiels, le jardin
de style andalou de la kasba des Oudaïa, la flore exubérante et semi sauvage de la nécropole de Chellah, enfin les magnifiques
jardins exotiques de Sidi Bouknadel contribuent à faire Rabat la ville des fleurs.

Vivre Rabat.


avec ses avenues, ses cafés, ses nombreux jardins et la mer toujours proche. Rabat est une ville où il fait bon vivre. Cité des ambassades et des ministères, Rabat compte beaucoup de fonctionnaires et ses habitants sont nettement moins stressés que ceux de Casablanca. Il s'en dégage une atmosphère presque provinciale, unique au Maroc.

Rabat mode d'emploi


Si l'on est pressé, on peut se rendre mausolée de Chellah,
à la tour Hassan, à la kasba des Oudaïa et au musée archéologique. L'idéal si l'on dispose d'un jour est de laisser sa Voiture à l'hôtel. On pourra enchaîner les promenades à travers la ville nouvelle, la médina et la kasba des Oudaïa à pied, puis se rendre en taxi à la tour Hassan, au mausolée de Chellah et au musée archéologique avant de rentrer à pied vers le centre de la ville nouvelle. Cette solution évite de revenir sur ses pas.

Programmes


Une demi-journée. Promenade en voiture vers la kasba des Oudaïa, dont on découvre la porte, le musée, le jardin et le café maure, puis on ira voir la tour Hassan et la nécropole de Chellah. On terminera avec le musée archéologique pour sa collection de bronzes de Volubilis.
Une journée. Le matin, visite de la médina et de la kasba des Oudaïa ; on pourra y déjeuner face à l'océan. L'après-midi, on ira en voiture à la tour Hassan, puis à la nécropole de Chellah et au musée archéologique, avant de s'accorder une promenade dans la ville moderne.

Deux jours. Le 2e jour, découverte de la ville voisine de Salé (le matin). Puis flânerie dans les jardins exotiques de Sidi Bouknadel, d'ou on pourra poursuivre jusqu'à la kasba de Mehdia et Mehdia-Plage.

Rabat dans l'histoire

La ville antique. Les fouilles de Chellah ont permis la découverte d'une agglomération remontant au moins au IIIe s. av. J.-C.. Point d'escale vraisemblable des navigateurs phéniciens et carthaginois, elle frappa, vers la fin du 1er s. av. J.-C., des monnaies à légende néo-punique. Il semble donc qu'elle jouissait sous les rois mauritaniens, d'une certaine indépendance. Citée sous les noms de Sala par Ptolémée et de Sala Colonia dans l'Itineraire d'Antonin, la ville fut sans doute occupée sous le règne de Claude avant devenir un municipe sous Trajan, et d'être un peu plus tard élevée au rang de colonie.


De Ribat à Rabat.

Au VIIIe s. s'étendait, non loin du site actuel de la ville, le territoire des Berbères Berghouata, adeptes de l'hérésie kharidjite. Cette situation provoqua tout naturellement, vers le Xe s., la création d'un couvent fortifié, ou ribat, d'ou des guerriers musulmans orthodoxes, qui présentent plus d'un trait commun avec les templiers, devaient mener pendant plusieurs siècles la guerre sainte contre les Berghouata.

La première capitale almohade. C'est probablement vers 1146, après la chute de Fès, qu'Abd el Mou'men se rendit maître de la contrée. Prenant rapidement conscience de l'intérêt de la position du ribat et de la ville voisine de Salé pour un royaume dont la capitale était à Marrakech, il entreprit d'aménager le ribat en une kasba, forteresse dotée d'un palais ou il séjourna à plusieurs reprises. Ce fut alors le point d'appui du camp ou se rassemblaient les moudjahidin, les combattants de la Foi, au départ et au retour des campagnes en Espagne. Son petit-fils, Yacoub el Mansour, rêva d'en faire sa capitale. Lorsqu'il mourut, en 1199, on avait déjà élevé une vaste enceinte et la mosquée, restée inachevée, dont la tour Hassan est le souvenir le plus imposant. Ribat el Fath, conçue suivant un plan trop ambitieux, périclita après la mort de son fondateur et se réduisit à la taille d'une petite bourgade. Après les luttes entre Almohades et Merinides, et maigre la tentative de ces derniers de la relever (construction de la grande mosquée et de la necropole de Chellah), la ville ne cessa de décliner : Leon l'Africain, au XVIe s., la dit réduite â une centaine de maisons habitées.

Salé-le-Neuf et Salé-le-Vieux. L'arrivée, en 1609, de réfugies musulmans venus d'Espagne, les Andalous, provoqua une première renaissance de la ville. Parmi eux, un important contingent de Hornacheros (originaires de Hornachos), aidèrent le sultan saadien Moulay Zidân à affermir son trône. Les nouveaux venus, rejoints par d'autres Andalous, occupèrent l'emplacement de l'actuelle médina, connue des lors sous le nom de Sale-le-Neuf, par opposition à Sale-le- Vieux situe sur l'autre rive du Bou Regreg.
Un État vivant de piraterie. Hornacheros et Andalous instituèrent, en 1627, une curieuse république sous le nom de République du Bou Regreg. L'actuelle kasba des Oudaïa leur tenait lieu de capitale. Un caïd élu pour un an, assisté d'un conseil, présidait aux destinées de cet étrange petit Etat vivant de piraterie et occupant ses loisirs à de continuelles luttes triangulaires entre Andalous, Hornacheros el habitants de Sale le Vieux.
La piraterie procurait à cette république la totalité de ses ressource,. L'argent amasse en Espagne par les Hornacheros leur permit d'équiper une flotte importante et leur soif de vengeance fit le reste. Des renégats européens vinrent se joindre à eux, telle le Hollandais Jan Janssen, plus connu pour ses redoutables exploits sous le nom de Morat RaÏs.

Pirates mais commerçants. Les vaisseaux espagnols et portugais furent au début les seules victimes de cette guerre de course puis, il l'instar des pirates d'Alger, les Saletins s'attaquèrent à tous les navires. Ils s'aventurèrent jusque dans les eaux britanniques et même dans les parages de Terre-Neuve. La France et l'Angleterre eurent particulièrement à souffrir de cette agressivité, d'autant que leur port quasi inviolable et leur kasba pratiquement inexpugnable rendaient inutiles les démonstrations navales de représailles. Les puissances européennes préférèrent négocier. Un marchand marseillais, Pierre Mazet, installe dans la cité depuis 1626, y fut le premier " consul de la nation française ". Assez paradoxalement d'ailleurs, les puissance européennes ne répugnaient pas à commercer avec les Saletins leur vendant même au besoin armes et munitions.
L'annexion de la République du Bou Regreg au royaume chérifien en 1666 ne modifia pas l'ordre des choses. Un gouverneur alaouite vint simplement assister le caïd et diriger les opérations pour le compte du souverain. Malgré les représailles, la piraterie ne pendra fin que sous le règne de Mou- y Abd er Rahman. Son dernier acte sera en 1829, la saisie d'un navire autrichien.


capitale du Maroc moderne

- La tentative de Sidi Mohammed ben Abdillah de créer une ville nouvelle à l'intérieur de la vieille muraille almohade se révéla un échec. Selon Louis chénier, le père d'Andre Chenier, consul de France de 1767 à 1782, elle été déjà, en 1781, cinq ans après sa construction, un amas de ruines. Le palais sera cependant fréquente par les sultans. C'est là que se déroulent, en 1845-1846, les négociations avec le gouvernement français. Rabat choisi en 1912 par Lyautey pour
être la capitale administrative du pays et le siège de la Résidence générale. La décision du sultan Moulay Youssef de s'y installer, dans un palais construit à l'emplacement adopté par son ancêtre Sidi Mohammed ben Abdallah, devait donner à ce choix un caractère définitif.

1 - La médina

Echoppes de fer blanc, de tapis et de cuirs animent cette médina plus ,calme et moins pittoresque que celle de Salé.
Durée : 40 mn
Départ : carrefour de l'avenue Mohammed-V et de l'avenue Hassan-Il

- La muraille des Andalons, long rempart rectiligne renforcé de tours, limite la médina Sud. Son nom lui vient des Andalous ou «Moriscos », musulmans chassés d'Espagne par Philippe III en 1609-1610, qui l'édifièrent au XVIIe s.


* A 200 m de l'avenue Mohammed-V, sur la gauche., se trouve Bab el Had, la porte [du Marché] du Dimanche. Remaniée en 1814 par Moulay Slimane, elle s'ouvre sur le boulevard Amar Ibn Yassir entre deux puissantes tours pentagonales. Cette porte, l'une des cinq ouvertures de la ville, est célèbre pour avoir été, au XIXe s., le lieu où les sultans faisaient accrocher les têtes des rebelles. L'ancienne enceinte almohade sur laquelle s'appuie la porte fut achevée probablement en 1197. Elle se développait sur plus de 5 km. La majeure partie demeure bien conservée.*


Franchissant la muraille des Andalous, on tourne aussitôt à droite dans la rue Souiqa.
- La rue Souiqa constitue l'artère principale de la médina. On s'y fraie plus ou moins facilement un passage dans la foule, entre deux rangées de petits restaurants et de boutiques, surtout d'alimentation et de quincaillerie. Dans ces dernières, plastique, fer-blanc et objets manufacturés remplacent de plus en plus les produits de l'artisanat traditionnel.

Vous remarquerez à droite, après avoir croise la rue Sidi Fatah, l'une des entrées de la mosquée Monlay Slimane, fondée en 1812 par le sultan du même nom.

Plus loin à droite, à l'entrée d'une petite rue ramenant à Bab Chellah, trois arcs brises, qui permettaient jadis d'en atteindre le bassin, appellent l'attention sur une ancienne fontaine mérinide, aujourd'hui occupée par une librairie. Deux séries d'arcatures aveugles à clef de voûte pendante encadrent l'inscription de fondation qui attribue au sultan Abou Farès Abd el Aziz

(1366-1372) la construction de ce petit monument.

- La grande mosquée, fondée probablement en même temps, date dans son état actuel d'une reconstruction quasi totale de 1882. Le minaret, de plan carré, est orné de baies dont les arcs outrepassés sont soulignés par des arcatures dans la partie supérieure. Le couronnement fut ajouté en 1939.

- La rue Souk-es-Sebat , couverte, prolonge la rue Souiqa. C'est le quartier des maroquiniers, des marchands de tissus et des bazars, redoutables pièges pour touristes non habitués au marchandage mais où l'on vous invite avec tant de gentillesse, à entré « pour le plaisir des yeux» ! Il faut ensuite tourner à gauche dans la rue des Consuls.

- La rue des Consuls débouche à gauche, à l'issue de la partie couverte du Souk-es-Sel C'est, avec les deux précédentes. la plus active de la médina. Elle est bordée d'échoppes de tailleurs, marchands de tissus et de tapis. On peut assister, le matin, à la vente à la criée. Sur la droite s'ouvrent des anciens fondouqs.

La rue fut, jusqu'en 1912, le lieu de résidence obligatoire des représentants des puissances étrangères. On y remarquera d'ailleurs, sur la droite, la ruelle du consulat de France ou Louis Chénier, le père du poète, vécut de 1767 à 1782.

- Cette rue aboutit à la place du Souk el Ghezel (du marché de la Laine). Aux XVIe et XVIIe s., les captifs chrétiens y étaient présentés aux acheteurs éventuels. Sur la droite. se trouve la kasba des Oudaïa.

- Donnant sur la place du Souk el Ghezel, la petite rue Hadj Daoui permet de s'enfoncer dans le dédale des ruelles de la médina. On aborde là un quartier dont le calme contraste avec l'animation des ruelles commerçantes de la vieille ville. Les maisons, qui parfois enjambent la chaussée, sont repliées sur leur cour intérieur, Seule une porte à l'encadrement plus ou moins sculpté s'ouvre sur le monde.

On peut rejoindre, par la rue Taht el Hammam, la rue Sidi Fatah.

- La mosquée de Moulay el Mekki , fondée près du tombeau de ce marabout mort au XVIIIe s., fut agrandie en 1907. Elle se signale par une porte à auvent sculpté et un plafond peint sous une Voûte enjambant la rue. Plus loin, la rue laisse sur la dr. la zaouïa de Sidi hen Aïssa et rejoint la mosquée Moulay Slimane , peu avant la muraille des Andalous.

- Depuis la place Souk el Ghezel, on peut également revenir vers l'avenue Mohammed-V en suivant le boulevard El-Alou , qui borde en partie un vaste cimetière séparant la médina de la Côte. Peu avant Bab el Alou, la rue Mohammed-V à gauche , très commerçante et bordée de restaurants, se poursuit jusqu'a la muraille des Andalous.

2 - La kasba et le musée des Oudaïa

Ruelles fleuries, jardin andalou et Café Maure offrent à deux pas de la médina une oasis de tranquillité. On aura plaisir à déambuler dans ce « village» d'ou la vue s'étend sur Salé et l'océan.

Durée: 1 h 30 à 2 h.

Départ: place du Souk-el-Chezel.

A noter: trois très agréables restaurants, deux sur la plage et le dernier près de la plate-forme.

- L'enceinte de la kasba des Oudaïa, exceptée la partie entourant le jardin andalou, remonte à l'époque almohade. En moellons, épaisse de 2,50 m et haute de 8 à 10 m, elle est munie d'un chemin de ronde.

Elle a été partiellement renforcée aux XVIIe et XVIIIe s. La partie Sud, avant les escaliers de la place, s'appuie sur un bastion heptagonal encore muni de vieux canons. Elle fut élevée par Moulay er Rachid entre 1666 et 1672 pour accroître les défenses de la kasba primitive.

La tour à pans coupés, que l'on remarque un peu avant la monumentale porte des Oudaïa, est une addition ou une reconstruction, sans doute du XVIIe s., lorsque les Hornacheros se retranchaient dans la kasba pour résister aux Andalous de la médina.

-La porte des Oudaïa , construite en pierre de taille ocre rouge, semble avoir eu un rôle surtout décoratif. Elle peut d'ailleurs, à cet égard, être considérée comme l'un des joyaux de l'art almohade.

Sa construction est attribuée à Yacoub el Mansour, qui voulut faire de Ribat el Fath sa capitale et l'aurait ajoutée au mur d'Abd el Mou'men. Elle servait peut-être, à proximité immédiate du palais, de salle de réception et de tribunal. Un auteur musulman, Mohammed bou Jendar, la désigne comme la « galerie majestueuse du palais ». Le décor sculpté, répété sur la façade intérieure, est sobre et bien équilibre.

Les écoinçons agrémentés d'un décor floral sont encadrés d'une inscription en caractères coufiques, aujourd'hui très abîmée. A la naissance des arcs festonnés, on remarquera les motif serpentiformes, rares exemples de représentations animales dans la décoration marocaine.

-Le cimetière el Alou, à gauche de 1a porte, est l'objet d'un «pèlerinage » une fois par an en l'honneur de Lalla Kasba, à laquelle les jeunes filles demandent un bon mari.

La rue Jamaa [forme la principale artère de ce quartier. Elle s'étend sur l'emplacement du couvent-forteresse du X" s. et du ribat almoravide, dont il ne reste plus rien. A l'exception des maisons, qu'il est difficile de dater, la plupart des vestiges visibles remontent au XII s. et, pour le surplus, au temps de la République du Bou Regreg et des premiers souverains alaouites.

-La Jamaa el Atiqa est la plus ancienne mosquée de Rabat. Fondée par Abd el Mou'men vers 1150 et remaniée plusieurs fois, elle fut reconstruite en grande partie sous le règne de Sidi Mohammed ben Abdallah (1757-1797) par un renégat anglais, Ahmed el Inglizi. Le minaret, orné d'arcatures aveugles, est probablement l'œuvre de l'un des premiers souverains alaouites.

- La plate-forme de l'ancien sémaphore , au bout de la rue Jamaa à gauche, offre du côté de l'océan un superbe panorama sur l'estuaire du Bou Regreg et Salé.

Au pied de la plate-forme, une tour circulaire du XVIII s. et la sqala, fortin aménagé en 1776 par Sidi Mohammed ben Abdallah, défendaient l'estuaire du Bou Regreg.

Sur la place, un entrepôt construit à la fin du XVIII s. par Moulay el Yazid abrite une coopérative ou l'on verra des jeunes filles en train de tisser des tapis

Reprendre la rue Jamaa puis tourner à gauche dans la rue Lâalami.

- La tour des pirates fut sans doute ajoutée à l'enceinte almohade au XVII s. Au pied du rempart, la Mdoura est un ouvrage de plan circulaire élevé au XIX s. Des grilles interdisent malheureusement l'accès à la tour.

Revenir dans la rue Jamaa et la redescendre.

La rue Bazzo que vous prendrez sur la g. dans la rue Jamaa, descend par une volée de marches jusqu'au Café Maure.

- Le Café Maure , avec ses bancs couverts de nattes, aux dossiers ornés de mosaïques, s’ouvre au vent et à 1’ocean. En savourant une corne de gazelle accompagnée d'un thé à la menthe, vous pourrez laisser flâner votre regard sur les parties hautes de la kasba, sur l'enceinte almohade et l'embouchure de l'oued qui sépare Rabat de Salé. Ce café, malgré sa célébrité, demeure l'un des lieux préférés des Rabatis.

-Le jardin est accessible depuis le Café Maure par une porte. Cet havre de paix fut créé en 1915-1918 à la manière des jardins andalous avec ses allées perpendiculaires, ses parterres étagés, sa noria traditionnelle et sa végétation exubérante.

- Le musée des Oudaïa On y accède en sortant par une voûte dans la partie plus élevée des jardins et en tournant aussitôt à dr. Ce musée, rénové en 1995, est installé dans un bâtiment élevé par Moulay IsmaÏl, probablement entre 1672 et 1694. Le sultan résidait dans cette demeure lors de ses séjours à Rabat.

L'édifice comprend une cour à portiques, ornée en son centre d'une vasque de marbre, et entourée de corps de logis sur ses quatre côtés.

Une tour domine l'ensemble que complétaient une petite mosquée, précédée d'une cour aujourd'hui couverte, et un hammam

Vous y verrez principalement des tapis, des manuscrits enluminés, des costumes, des poteries diverses, un intérieur marocain d'autrefois avec ses divans recouverts de brocarts d'or et de soie fabriqués à Fès dans la seconde moitié du XIXe s. D'autres pièces de broderie sont présentées dans des vitrines. Art citadin par excellence, la broderie offre d'une ville à r autre des variantes dans le choix des motifs géométrie végétaux ou zoomorphes tout comme dans celui des tissus, des fils, des leurs et des points employés.

-En sortant du musée des Ou on pourra visiter le centre artisanal. Tourner à gauche en

sortant de la kasba, le centre trouve à une centaine de mètres contrebas à gauche. Il s'agit d'un complexe:, moderne ou travaillent quelques tisans (cuivre, broderie, travail cuir...) ; achats possibles.

- Pour rejoindre le début de la promenade suivante, il faut longer le bord de la rivière pendant une vingtaine de minutes. En bordure d'une grande avenue, la balade n'est guère attrayante (et peut même être l'éprouvante en pleine chaleur) : mieux va prendre un taxi.

Le quai al Marsa, longe le port, fréquenté seulement par des barques (qui assurent notamment le passage des piétons vers Salé). Son accès est en effet gêné par un phénomène de barre.

Le quai passe en contrebas du borj de Lalla Qadiya, près du sanctuaire du même nom ou les pèlerins revenant de La Mecque passaient la nuit avant de rentrer chez eux.

0n parvient au bout du quai au borj Sidi Makhlouf, auquel s'appuie la muraille des Andalous.

Le borj Sidi Makhlouf, du début du XVI tire son nom d'un petit mausolée se trouvant à proximité, juste à. côte de l’ancien mellah, le quartier juif, qui fut transféré en ce lieu par le sultan Moulay Slimane, en 1808.

Sidi Makhlouf, juif d'origine, se convertit à l'islam et parvint à mériter la vénération des musulmans grâce à sa grande piété et aux miracles qu’il accomplissait. Il renouvela, dit-on, le miracle de Moise en fendant les eaux du Bou Regreg pour permettre à un étudiant, qui voulait l'éprouver, de le traverser à pied sec. ....

3 - La tour Hassan et le mausolée de Mohammed V

Le tombeau du père de l'indépendance se dresse face à la tour Hassan, ancien minaret d'une mosquée construite au XIIe s. : tout un symbole.

Durée : 1/2 heure pour la visite des deux monuments.

- La tour Hassan est le minaret d'une mosquée construite sur l'ordre de Yacoub el Mansour. Elle devait être, après la mosquée du Vendredi à Samarra (Iraq), la plus importante du monde musulman.

Entreprise vraisemblablement avant 1195, sa construction en fut abandonnée à la mort de son fondateur (1199). Par la suite, les habitants de Rabat y prélevèrent des matériaux ; le tremblement de terre de 1755 l'abîma encore. En 1956, Mohammed V de retour d'exil y dirigea la première prière du vendredi après la l'indépendance du Maroc.

La mosquée proprement dite était délimitée par quatre murs, en majeure partie écroulés, perces de seize portes: quatre au Nord et à l'Est, deux au sud., six à l'Ouest. Elle couvrait, avec ses annexes, une aire de 183 m sur 140. Elle comprenait une grande Cour, aménagée au-dessus de profondes citernes (restaurées) s'étendant au pied du minaret, et une immense salle hypostyle dont les 312 colonnes et 42 piliers de marbre s'ordonnaient de manière à former dix-neuf nefs, sans compter les portiques latéraux.

La tour Hassan, dont la parenté avec les célèbres Giralda de Séville et Koutoubia de Marrakech apparaît au premier coup d'œil, est une tour carrée de 16,20 m de côté et de 44 m de hauteur.

Si l'on compare ses proportions à celles de ses jumelles, on peut admettre qu'elle aurait du mesurer le double.

Les murs n'ont pas moins de 2,050 m d'épaisseur. A l'intérieur, les escaliers sont remplacés par une rampe large de 2 m et assez douce pour être gravie à cheval. Six petites pièces, voûtés chacune de manière différente, s'étagent dans le noyau central. Les faces extérieures du minaret sont décorées, à la manière classique, d'arcatures et d'entrelacs mais dont la disposition varie sur chaque face.

Au pied de la tour, deux larges escaliers descendent au tombeau du soldat inconnu, établi sous l'aire de l'ancienne mosquée.

Un dallage moderne parsemé de colonnes, rappelant étrangement celles de Buren au Palais Royal à Paris, établit une liaison entre ces vestiges d'une époque glorieuse et le mausolée de Mohammed V.

- On appelle communément mausolée de Mohammed V tout le complexe de bâtiments dont fait partie le mausolée proprement dit. Achevé en 1971, le monument surprend par le parti pris de classicisme qui a présidé à sa conception et à sa décoration. Ce chef-d'œuvre de l'art traditionnel marocain n'est que bois peint, plâtre et marbre sculptes, bronze ciselé. La conception de cet ensemble, réalise sur une armature de béton, est due à un architecte d'origine vietnamienne, Vo Toan.

Au centre, coiffée par plusieurs rangées de toits de tuiles vertes, s'étire la mosquée dont la façade de pierre blonde s'ouvre par de multiples arcades sur une cour intérieure. A gauche de celle-ci, le mausolée proprement dit est précède de deux volées d'escaliers qui conduisent à la monumentale koubba de marbre blanc italien, devant laquelle se tiennent des gardes royaux au burnous blanc et rouge.

Le sarcophage de Mohammed V, taille dans un bloc d'onyx blanc pakistanais, est situe au centre, au niveau inférieur de l'édifice, alors que celui de son fils, le prince Moulay Abdallah (mort en 1983), est place dans l'angle. Une galerie fait le tour à l'étage, sous laquelle sont suspendus les drapeaux des villes du Maroc. Une somptueuse coupole nervée, formée par l'assemblage de pièces d'acajou sculpte et de vitraux colores réalisés par la manufacture de Saint-Gobain, recouvre l'ensemble. Le grand lustre en bronze dore pèse près de 1,5 t.

- A droite de la mosquée, contrebalançant le mausolée, un portique d'arcatures en marbre blanc de Carrare, finement sculptées, couronne un bâtiment qui devait accueillir un musée consacré à la dynastie alaouite mais qui, pour des raisons mystérieuses, n'a toujours pas vu le jour.

4 - La nécropole de Chellah

La nécropole mérinide de Chellah comprend deux sites: la nécropole elle-même et l'antique cité de Sala.

L'ensemble de ces ruines, avec ses milliers d'oiseaux, ses cigognes et sa végétation sauvage, forme l'un des lieux les plus attachants de Rabat.

Accès : située hors les murs, a environ 2 Km du centre; on l'atteindra de préférence en voiture, par exemple au cours d'un circuit englobant la promenade précédente. De la tour Hassan, il suffit de suivre boulevards qui contournent la ville

Durée de la visite: 1 h.

- La porte d'accès, bien que richement décorée et s'ouvrant par un arc flanquée de tours, n'a pas la pureté des constructions analogues1 l'époque almohade. A l'intérieur trouvent d'anciens postes de garde et les restes d'une hôtellerie.

Le Decumanus Maximus, voie principale de la cité, a été dégage au chevet du temple capitolin dont la façade nord donne sur une voie secondaire, pavée de grosses dalles. Le long de cette rue, douze profondes boutiques formaient le rez-de-chaussee d'édifices, probablement prives, élevés sur une succession de terrasses. On a également retrouve le soubassement de la porte monumentale qui faisait communiquer le forum et le Decumanus Maximus au N.-E.

- La nécropole mérinide de Chellah. On visite tout d'abord la zaouïa en franchissant la porte située devant, légèrement à gauche du chemin.

Laissant une première salle nue, on s'engage dans le passage de gauche

La zaouïa est très abîmée mais pleine de charme avec ses cigognes perchées Sur le minaret. Celui-ci conserve en partie son ornementation de faïences polychromes, mais celle du lanternon sont de facture récente. Dans la cour, Un long bassin était autrefois entoure d'un portique à colonnettes et chapiteaux de marbre. En retrait s'ouvraient les cellules, sauf au Sud ou se trouvait un petit oratoire. Mohammed y aurait prie. Il fut un temps ou il suffisait de faire sept fois le tour du mirhab pour mériter le titre de hadj, Pourtant réservé aux pèlerins ayant fait le voyage de La Mecque.

La mosquée d' Abou Youssef Yacoub (XIJle s.) se trouve au centre de la necropole. A côte de son minaret en ruines, on remarque le tombeau d'Abou el Hassan, le « sultan noir» (1331-1348), decoré d'un bel auvent à stalactites. A l'extérieur de l'angle S.E. de la mosquée, subsiste la pierre tumulaire de Chams ed Douha, le « Soleil du Matin", une Europeenne convertie, épouse d'Abou el Hassan

5 - Le Palais royal, le Musée archéologique, la ville nouvelle

Cette promenade éclectique donne la mesure des dimensions royales du Dar el Makhzen. A côte, le centre ville semble bien réduit. Il ne manque pourtant pas de charme avec ses larges avenues, son animation nonchalante et ses cafés ou l'on prend plaisir à s'attarder. Pour les amateurs de vieilles pierres, la visite du Musée archéologique de Rabat constitue le complément logique à celle du site de Volubilis.

Départ : nécropole de Chellah ; on prend sa voiture ou un taxi pour se rendre tranquillement, avec quelques détours, au Musée archéologique ;

celui-ci peut aussi être atteint directement par l'avenue Yacoub-elMansour (4 km).

Durée : 20 mn pour faire le tour du Palais royal et de la porte des Zaer ;

le Musée archéologique demande lui même au moins 30 mn.

- La porte des Zaer se trouve juste en face de la nécropole de Chellah. Cette porte, l'une des cinq entrées de l'enceinte almoha de (XIIe s.), fut restauree au XVIIIe s. Son décor, très simple, est forme d'une série de claveaux, alternativement en retrait et en saillie, qui souligne la baie d'accès. Elle est protégée par deux tours quadrangulaires. Intérieurement, elle est constituée d'une succession de chambres voûtées en berceau, disposées de telle manière qu'elles offraient une disposition en chicane, comme dans les autres ouvrages de la muraille almohade.

- A la hauteur de la porte des Zaer, tourner à gauche dans le boulevard Moussa Ibn Nossair, puis sur la droite en direction du Palais royal , entièrement dissimule derrière de vastes remparts.

Le' premier Palais royal avait été fonde vers la fin du XVIIIe s. par Sidi Mohammed ben Abdallah. Un autre fut érigé en 1864 par Sidi Mohammed ben Abd er Rabman.

L'actuel Dar el Makbzen étend ses constructions au fond d'un immense mechouar entoure d'une enceinte particulière. Il comprend un palais moderne, une grande mosquée, ou moquée du Vendredi, un champ courses et divers bâtiments gouvernementaux.

Si le roi possède des palais dans plupart des grandes villes, c'est en general là qu'il reside, entoure par près de 2000 personnes.

- La mosquée el Faeh , située en face du Palais royal accueille, surtout pour la prière vendredi, un ballet incessant de limousines à bord desquelles se trouvent les dignitaires du régime.

- La cour de la caserne de la Garde royale s'etend dans le prolongement de l'avenue. Le public est admis à asister à la ceremonie de l'envoi des couleurs.

Tourner à gauche dans l'avenue Moulay Hassan pour jeter un coup d'œil i Bab er Rouah.

- Bab er Rouah la porte des Vents, est la plus belle de l'enceinte almohade. Par ses proportions et sa décoration, elle rappelle celle de la kasba des Oudaïa.

S'ouvrant entre deux bastions, la baie d'accès est ornée d'entrelacs, de, festons, d'arabesques fleuries et de grandes coquilles, motif assez fréquent sur les monuments de cette époque. Encadrant l'ensemble, un bandeau à inscriptions en caractère coufiques reproduit un verset du Coran.

Revenir sur ses pas par l'avenue Moulay-Hassan.

- La grande mosquée ou jama es Souna. Son minaret, qui domine tout. Rabat, a été bati au XVIII s. par Sidi Mohammed ben Abdallah. Le bâtiment a été plusieurs fois restaure depuis lors.

- Le Musée archéologique se trouve au 23, rue Brihi, au croisement de la rue Ifni, face à l'hôtel Chellah. Le musée est installé dans un bâtiment construit en 1932 par Adrien Laforgue. Il renferme des collections provenant des fouilles effectuées dans les divers sites du Maroc, de la préhistoire jusqu'aux époques modernes. Son intérêt réside principalement dans les bronzes trouves sur les sites de Volubilis, Lixus et Banasa.

Rez-de-chaussée Sur le sol, reconstitution d'une mosaïque à décor géométrique de Volubilis. Au centre, statue en marbre de Ptolémée, découverte lors des fouilles de Sala. Ce fils de Juba II et de Cléopâtre Selené régna de 25 à 40 de notre ère. Il mourut assassine sur l'ordre de Caligula.

Dans le patio, à droite de l'entrée, collection lapidaire: fragments arc bi tectoniques, autels, stèles et bases inscrites, caissons funéraires.

Dans la niche de l'escalier, torse cuirasse en marbre provenant de Volubilis.

Dans les vitrines, les collections de préhistoire évoquent les découvertes réalisées lors de différentes campagnes de fouilles. On remarque notamment le moulage de la sépulture d'un adulte et d'un enfant, provenant du site néolithique (3980 env. av.J.-c.) d'El Harhoura II.

Galerie a l'étage Le site de Sala-Chellab. Les quatre premières vitrines évoquent l'histoire du site antique de Sala à travers des poteries, des lampes à huile, etc... On remarquera surtout dans la première vitrine une jambe de cavalier en bronze dore et un petit buste de Juba II.

Population du paléolithique et du néolithique

Les plus anciens témoignages de la présentée humaine sur le sol marocain ont été apportes par la découverte de restes humains fossilisés du paléolithique moyen à Mougharet el Alyia, près de Tanger. Les populations de l'époque pressentaient, semble-t-il, de grandes analogies avec les Néanderthaliens.

Plusieurs autres découvertes, à Sidi Abderrahman, Casablanca, AÏn Fritissa, SaÏdia, montrent l'étendue de ce peuplement. Quant à la civilisation duneolithique, dont le plus beau vestige est le cromlech de Mzora , elle se prolongea presque jusqu'à la période historique, et ce avec ses techniques de fabrication d'armes et d'outils, ses croyances religieuses, ses coutumes funéraires.

« De Rome à l'Islam». Dans les vitrines suivantes on verra une table d'autel paléochrétien ornée du monogramme du Christ, un encensoir byzantin, une lampe en bronze dont le réflecteur a la forme d'un chandelier à sept branches et une statuette en ivoire figurant le Bon Pasteur.

Le christianisme fait son apparition en Tingitane, vers la fin du III- s. et, ici comme ailleurs, marque la fin de la société antique. La plus connue des tribus de Berbères christianises est celle des Baquets dont les descendants conserveront leur religion et la langue latine jusque vers la fin du VIIIe s.

Archéologie islamique. Après une vitrine consacrée aux monnaies, dont la frappe commence avec l'islamisation, la section consacrée il l'archéologie islamique présente les principaux sites récemment fouilles: Sijilmassa, ville fondée au VIIIe s., ou l'on a repère des ateliers de potiers; Belyounech, « campagne» de la ville de Sebta (Ceuta), ou un palais, des maisons et des installations hydrauliques ont été fouillés; Ksar es Séghir et Chichaoua, important centre de l'industrie du sucre du Maroc médiéval dont on verra une jolie collection de moules à pain de sucre.

Salle des bronzes. Elle abrite la collection des grands bronzes antiques provenant pour la plupart de Volubilis, ainsi que la statuaire de marbre de Volubilis, Banasa, Thamusida, Sala.

L'Ephèbe versant il boire, découvert en 1929, est la réplique, probablement romaine (grecque d'après R. Châtelain), d'une œuvre de Praxitèle. Bien que légèrement empâtée et comportant quelques petites erreurs anatomiques (les hanches, notamment, sont dissemblables), cette statue évoque, par son maintien les Satyres verseurs de Praxitèle, à ceci près, qu'elle n'en porte aucune des trace d'animalité (oreilles pointues, amorce de queue, etc.).

Le Chien de Volubilis , trouvé en 1916, est la première en date des œuvres importantes découvertes sur le site. On le date du règne d'Hadri (début du Ile s.). Il rappelle par son attitude le chien de la mosaïque (Cave canem) de la Maison du Poète tragique à Pompéi. La position de son arrière-train permet de supposer qu' ornait une fontaine dans quelque riche demeure.

L'Ephèbe couronne de lierre sans conteste l'œuvre majeure de musée. J. Carcopino lui trouvait « souplesse de Praxitèle, l'expression Lysippe, le puissant modelé de Polyclète ». Sa position indique qu'il tenait probablement un flambeau dans sa main gauche. Ce type d'éphèbe dit «lampadophore» commença à se développer à partir du 1er s. de notre ère, sous le règne d'Auguste, où 1'on assista à un retour vers un classicisme des formes.

Deux pièces découvertes dans la mai son dite de Vénus il Volubilis retiennent l'attention:

Le buste de Caton d'Utique est d 1er s., donc nettement postérieur à sa mort. Arrière petit fils de Caton l'Ancien, Caton d'Utique vécut de 95 il av. J.-C. Ce fervent républicain prit parti de Pompée contre César. Après la défaite de Pharsale (48) et la mort de son champion, Caton dirigea 1 parti pompéien. En 46, César, débarqué en Afrique du Nord, mit en déroute les dernières armées rebelles la bataille de Thapsus. Apprenant 1a nouvelle dans la ville d'Utique (au N de Tunis), Caton préféra se suicide plutôt que de tomber vivant entre le mains de son ennemi. Ce superbe bronze, dans un excellent état de conservation - il ne manque que les globes oculaires , traduit bien 1a fermeté de caractère de celui que 1'0n appela «le dernier rempart de 1 République ».

Essaouira

Anciennement appelée Amogdul ( la bien gardée ) en Berbère, Mogdura Mogadur en espagnol et Mogador en français, Essaouira ( الصويرة‎ ) ( la bien dessinée ) est une ville portuaire du Maroc sur la côte atlantique (coordonnées : comptant environ 70 000 habitants et le chef-lieu de la province du même nom qui compte environ 500 000 habitants.
Sa médina est inscrite sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO.
Histoire
D'après la tradition, après la fondation de Carthage en 814 av. J.-C. des marchands puniques se dirigèrent vers l'extrême Occident, jusqu'à Essaouira , pour y installer des échelles , des comptoirs. Les premiers hommes sur lesquels il existe des renseignements y parlaient une langue berbère. Dès lors Essaouira, ce mouillage utilisé par le navigateur carthaginois Hannon dès le VIe siècle av. J.-C., protégé des alizés et riche en eau potable, servit pendant plusieurs siècles de poste avancé sur la route du Cap-Vert et de l'Équateur. Vers le IIIe siècle av. J.-C., les Berbères s'organisèrent en monarchie.
La région passa sous influence romaine à la suite de la Troisième guerre punique en 146 av. J.-C.. Rome fit un État-client de ce royaume dont le souverain le plus illustre fut Juba II. Le souverain favorisa l'installation de son équipage et le développement de l'industrie des salaisons et de la pourpre. C'est cette seconde activité (production de teinture à partir d'un coquillage : le murex) qui explique la renommée des îles Purpuraires (au large d'Essaouira) jusqu'à la fin de l'Empire romain. Cette couleur, chez les Anciens, était synonyme d'un rang social élevé. En 42 ap. J.-C., Rome finit par annexer le royaume berbère pour le transformer en province romaine de Maurétanie tingitane.
Au Moyen Âge, les marins portugais mesurent tous les avantages de cette baie et baptisent la ville Mogador , déformation probable du nom de Sidi Mogdoul, un marabout local. Les juifs ont un statut spécial d'intermédiaires entre le sultan et les puissances étrangères, obligées d'installer à Essaouira une Maison consulaire (il y en eut jusque dix dans la Kasbah ). On les appelle les « négociants du roi » ou les « représentants consulaires ». Ils ont, par exemple, le monopole de la vente du blé aux chrétiens, celle-ci étant interdite aux musulmans.
La ville nouvelle
En 1764, le sultan Mohammed ben Abdellah décide d'installer à Essaouira sa base navale, d'où les corsaires iront punir les habitants d'Agadir en révolte contre son autorité. Il fait appel à Théodore Cornut , un architecte français à la solde des Britanniques de Gibraltar. Le sultan le reçoit avec tous les honneurs dus à un grand artiste et lui confie la réalisation de la nouvelle ville « au milieu du sable et du vent, là où il n'y avait rien ». Cornut l'Avignonnais, qui avait été employé par Louis XV à la construction des fortifications du Roussillon, travailla 3 ans à édifier le port et la kasbah , dont le plan original est conservé à la Bibliothèque nationale de France à Paris. Il semblerait que la seconde ceinture de remparts et la médina aient été dessinées bien après le départ de Cornut. Le sultan n'avait souhaité prolonger leur collaboration, reprochant au Français d'être trop cher et d'avoir travaillé pour l'ennemi britannique. Avec son plan très régulier, la ville mérite bien son nom actuel d' Es Saouira , qui signifie « la Bien-Dessinée ».
Une rue à Essouira
L'importance d'Essaouira n'a cessé de croître jusqu'à la première moitié du XIX e siècle, et la ville connut une formidable prospérité grâce à l'importante communauté juive. On y compta jusqu'à 17 000 juifs pour à peine 10 000 musulmans. La bourgeoisie marocaine accourait y acheter des bijoux. On l'a longtemps surnommé le port de Tombouctou, car les caravanes chargées d'or, d'épices et d'esclaves venues d'Afrique subsaharienne y étaient négociées. Le commerce y était florissant. Mais la plupart des juifs partirent après la guerre des Six Jours. Aujourd'hui, il ne subsiste que quelques familles juives dans la ville.
Pendant des années, ce fut le seul port marocain ouvert au commerce extérieur. Le déclin commença avec le protectorat français et le développement d'autres ports (Casablanca, Tanger, Agadir). Handicapée par ses eaux peu profondes et ne pouvant pas recevoir les gros bateaux modernes, la ville connaît cependant une renaissance spectaculaire depuis une quinzaine d'années, renaissance due essentiellement au tourisme mais aussi à sa vocation culturelle.
Essaouira est aujourd'hui le chef-lieu d'une province de 500 000 habitants, pour la plupart agriculteurs. La ville est unie par une opération de coopération avec Saint-Malo, sous l'égide de l'Unesco.

Fès

Fès ou Fez ( فـاس [fās], en arabe, Fes en anglais) est la quatrième plus grande ville du Maroc, après Casablanca, Rabat et Marrakech avec une population de 1,4 millions d'habitants. C'est l'une des quatre « villes impériales » (avec Marrakech, Meknès et Rabat). La vieille ville, un exemple modèle d'une ville orientale, est placée sous la protection de l'UNESCO. Le bleu profond de ses céramiques est un des symboles caractéristiques de Fès. Elle possède la plus grande médina (vieille ville) du monde. Son rayonnement international passé en fait l'une des capitales de la civilisation arabo-musulmane aux côtés de Damas, Bagdad, Courdoue, Grenade, Al Quods...
Selon une légende, le nom de la ville viendrait de la découverte d'une pioche (arabe : [fās], pioche) à l'emplacement des premières fondations.
Fès ne se livre pas facilement. Pour y accéder, il faut rentrer par la grande porte, à la fois visible et voilée, du sacré. Car Fès est un sanctuaire. C'est ainsi d'ailleurs que les Soufis, ces initiés de l'Islam, l'ont toujours appelée: la Zaouïa. Le voyageur qui venait de loin savait qu'en arrivant aux portes de la ville, c'est à son fondateur et à son saint patron lui-même qu'il demandait l'hospitalité. Pour lui, Fès est la ville de Moulay Idriss.
Beaucoup de Fassis connaissent encore par cœur ce que les chroniqueurs rapportent comme étant les paroles, lors de la prière inaugurale, du saint : « Ô Dieu, Tu sais que je n'ai pas construit cette ville par vanité, par désir de renommée ou par orgueil. Mais je voudrais que tu y sois adoré, que Ton Livre y soit Lu et Ta Loi appliquée tant que durera le monde. Ô Dieu, guide vers le bien ceux qui y habitent et aide les à l'accomplir, voile à leurs yeux l'épée de l'anarchie et de la dissidence… »
Fès, qui fut pendant plusieurs siècles une capitale politique et intellectuelle du Maroc, était devenue un centre de rencontres et d'échanges. On rapporte que Sylvestre II (Gerbert d'Aurillac), Pape de 999 à 1003, y séjourna dans sa jeunesse pour y faire des études à la suite desquelles il introduisit les chiffres arabes en Europe. Maïmonide, médecin et philosophe juif, y vécut également quelques années durant lesquelles il enseigna à la Qaraouine. L'œuvre de ce philosophe est une merveilleuse illustration de cette symbiose de la culture judéo-islamique qui avait prévalu en Andalousie, et trouvé un écho similaire à Fès.
Histoire
Fondation
La ville « Medinat Fés » a été fondée par Idrîs I er en 789 à la place de l'actuel quartier des Andalous. En 809, Idris II fonde « al-Aliya » sur l'autre rive de l'oued de Fès. Al Aliya se développe très vite et devient une véritable ville avec mosquée, palais et kisariya (halle, marché).
Les sources d'eau vitales aux alentours de Fès, qui avant même sa fondation étaient connues et louées en chanson, ont sans aucun doute été un critère important lors du choix de l'emplacement pour la future métropole.
Les évolutions suivantes sont dues à deux vagues successives d'émigration : à partir de 817 - 818 s'installent dans la ville fondée par Idrîs I er près de 800 familles andalouses expulsées par les Omeyyades de la ville espagnole de Cordoue. Peu de temps après environ 2 000 familles bannies de Kairouan s'installent sur l'autre berge. La mosquée universitaire « al-Qarawiyine » fondée au IX e siècle devient l'un des centres spirituels et culturels les plus importants de l'époque]. Son influence se fait ressentir jusque dans les écoles de l'Espagne islamique et au-delà vers l'Europe et elle est connue pour être la plus ancienne université au monde.
Les nouveaux arrivants apportent avec eux aussi bien un savoir-faire technique et artisanal qu'une longue expérience de la vie citadine. Sous leur impulsion, Fès devient un centre culturel important et après la fondation de la mosquée universitaire Karaouiyne le cœur religieux du Maghreb.
Fès se trouve à un emplacement particulièrement avantageux, au croisement de routes commerciales importantes, au cœur d'une région naturellement généreuse avec des matières premières précieuses pour l'artisanat (pierre, bois, argile). Ceci lui permet de se développer très rapidement. Fès se trouve notamment sur la route des caravanes allant de la Méditerranée à l'Afrique noire en passant par la grande ville commerciale Sidjilmassa (disparue au XVII e siècle) dans la région de Tafilalt (ce qui correspond de nos jours à la région de Rissani/Erfoud).
Moyen Âge
Les deux parties de la ville s'unissent au Moyen Âge, détruisant le mur qui les séparait. Fès perd son rôle de capitale avec la fondation almoravide de Marrakech au XI e siècle mais le reprend en 1250 grâce à la dynastie mérinide. Sous leur règne, la nouvelle ville El Medinet El-Beida (la ville blanche) est fondée en 1276, elle est équipée de remparts, de palais et de jardins. Elle est rapidement connue sous le nom de Fès Djedid (la nouvelle Fès) en opposition à Fès el Bali (la vieille ville). La population juive qui se trouvait aux alentours du palais est forcée de partir et le mellah (quartier juif) se forme dans l'ancien quartier de la garnison des archers syriens. Au début du XIV e siècle (apogée de l'art hispano-mauresque), la ville connaît une forte croissance. L'université de Fès est alors connue mondialement. Grâce aux caravanes allant jusqu'au port de Badis dans le Rif, Fès est en permanence liée à l'Espagne islamique et à l'Europe. En 1471, la ville tombe aux mains de la dynastie Beni Wattas.
XVI - XVIII e siècles
En 1522, Fès souffre d'un tremblement de terre qui détruit la ville en partie. Dans les années qui suivent, de nombreux bâtiments sont reconstruits, restaurés ou remplacés par des nouveaux. La dynastie des Saadiens prend la ville en 1554 mais choisit Marrakech comme capitale. À la fin du XVII e siècle, avec les débuts de la dynastie alaouite, Moulay Ismail choisit Meknès comme nouvelle capitale. Il installe à Fès une partie du clan des Udaia qui l'avaient aidé à gagner le pouvoir. Après sa mort (1727), les Udaia se révoltent, ils ne seront chassés de la ville qu'en 1833 par Abd er Rahman. Moulay Abdallah, le successeur de Moulay Ismail, fait de Fès son lieu de résidence et fait rénover ou nouvellement construire mosquées, écoles (madrasas), ponts et rues, les rues de Fès Djedid sont pavées.
XIX e siècle
Au XIX e siècle, les deux anciennes parties de la ville sont reliées à de nouvelles constructions comme le palais Boujloud. Jusqu'au début du protectorat en 1912, Fès est la capitale du Maroc.
Le protectorat français et l'indépendance
C'est à Fès que le traité de protectorat français et espagnol (pour le Nord du pays ainsi que le Sahara Occidental) est signé le 30 mai 1912. Moins de trois semaines après la signature, des émeutes éclatent dans la ville. Rabat est déclarée officiellement capitale du Maroc, Fès reste cependant un lieu de résidence royal important et un centre culturel, artisanal, commercial mais aussi politique. L'istiqlal (Parti de l'Indépendance) est établi à Fès par Allal El-Fassi. Beaucoup des initiatives pour chasser l'occupant français partent de Fès. En 1944, est rédigé le manifeste pour l'indépendance dans une maison de l'ancienne médina, aujourd'hui place de l'Istiglal. La ville sera l'objet d'émeutes dans les années 80 et début 90.
Sous la direction de Lyautey et d'après les plans de l'architecte Henri Prost, une nouvelle ville se développe dans les environs de Dar Debibagh au sud de Fès Djedid. Si elle fut dans un premier temps le quartier résidentiel des européens, la « ville nouvelle » a continué à se développer comme ville arabe moderne avec de nouveaux quartiers de villas. Les autorités, institutions et entreprises de services s'y sont installées.
Aujourd'hui
La ville de Fès compte actuellement environ 1,4 millions d'habitants et se divise en deux parties :
Fès Médine considérée comme patrimoine mondial de l'UNESCO ;
Fès ville nouvelle (Dar Dbibegh) qui reflète la modernisation et le développement économique du pays. Ainsi, c'est dans cette partie de Fès que se rencontrent modernité (centres commerciaux, buildings, hôtels 5 étoiles...) et tradition.
Ces dernières décennies, le tourisme n'a cessé de se développer (1 million de visiteurs par an) et est devenu un important facteur économique. Ceci est devenu d'autant plus important grâce à des manifestations culturelles telle que celle au courant de juin de chaque année « le Festival des musiques sacrées du monde ».
Les Grandes familles de Fès
Les grandes familles de Fès, même installée aujourd'hui à Casa, sont considérées comme étant les authentiques fassis, ses anciennes familles ont une histoire particulière, qui les détâchent des autres habitants de Fès d'aujourd'hui, que l'exode rural a récemment amené dans la ville. Les nobles de l'Islam et du monde arabe sont un mélange de différentes origines : les chorfas (descendants du Prophète), les beldyin (descendants des juifs convertis à l'islam sous la dynatie almohade) et les andalous (notamment ceux chassés d'Espagne par la Reconquista). Ce mélange a donné naissance à des familles à la notoriété nationale si ce n'est internationale, pour ses riches commerçants, ses savants, ses artistes et ses chorfas. La plupart sinon la quasi-totalité des grandes familles fassis ont depuis plusieurs décennies émigré vers d'autres villes du Maroc, Casablanca principalement. Mais que ce soit à Casablanca ou ailleurs, les familles fassis sont héritières d'une civilisation et conservent une culture et un art de vivre commun spécifique qui les différencient des autres marocains.